Interview

Sur les traces de Sébastien Spehler

A 33 ans, Sébastien Spehler, est une figure incontournable du Trail français. Champion de France, élu 2 fois traileur de l’année, champion du monde de Canicross, il nous fait l’honneur de répondre à quelques questions.

 

Pour commencer peux-tu nous parler de ta discipline ?

Je pratique le trail : une course à pied longue distance, qui se déroule le plus souvent en montagne. Je participe principalement à des courses de 30 à 80 kilomètres sur des formats plutôt roulant car j’aime les courses ou il faut beaucoup courir.

J’ai commencé à l’âge de 24 ans en compétition mais je me suis toujours entraîné en montagne, dès l’âge de 6 ans avec de l’athlétisme. J’ai évolué en cross, piste, course sur route et course en montagne avant de passer sur des trails.

 

Quelles qualités faut-il avoir pour pratiquer le trail ?

Je pense qu’il faut être très polyvalent. Il existe plusieurs profils de trail, certains plutôt « roulants », d’autres en haute montagne, mais quel que soit le profil, dans chaque course il y a des parties plates, des montées et descentes.

C’est aussi ce que je trouve intéressant en trail, c’est qu’il faut travailler toutes ces spécificités; ça contribue à rendre l’entraînement très varié. Un jour du plat, un jour de la montagne, le lendemain du renforcement musculaire. Bref on ne s’ennuie pas 🙂

 

Selon toi, quand, comment et pourquoi passer du trail à l’ultra ?

Je dirais qu’il est préférable de commencer par des formats courts afin de s’habituer aux kilomètres et au dénivelé, mais aussi à l’alimentation et hydratation qui est essentiel en trail. Passer sur de l’ultra n’est pas non plus une fin en soi. Il faut le faire quand on se sent prêt et motivé car il s’agit d’efforts très longs. C’est en tout cas une belle expérience à vivre.

Mais pour moi le moteur premier reste le plaisir. Donc il faut vraiment s’engager sur ce type de courses et ces formats par envie et pas pour se targuer du « moi je l’ai fait ».

Pratiques-tu d’autres sports en complément ?

Je fais pas mal de vélo. Je l’utilise principalement pour la récupération mais je peux aussi en faire pour de l’endurance ou du travail de force. L’avantage du vélo c’est que cela soulage les articulations. Je m’entraine 7 à 8 fois par semaine donc les journées sur le vélo sont plaisantes car cela me change mentalement tout en me permettant de voir d’autres paysages dans la semaine.

 

En moyenne, combien de courses fais-tu par an ?

En moyenne je fais 10 à 12 courses sur l’année mais je me fixe principalement 3 objectifs par an. Les autres courses, c’est plus de la préparation.

J’essaie de laisser au minimum 4 à 5 semaines entre les courses. Cela me permet de récupérer mais aussi de préparer la course suivante. Planifier sa saison pour moi est quelque chose d’essentiel.

 

Peux-tu nous décrire une semaine type d’entraînement ?

Mes semaines sont assez classiques. C’est souvent repos le lundi, travail de vitesse le mardi et récupération le mercredi. Le jeudi pourquoi pas un peu de renforcement musculaire (type pliométrie) et le vendredi, un footing. Samedi : un travail de montée et le dimanche la traditionnelle sortie longue.

Cela varie bien sûr en fonction des objectifs. En effet, il peut y avoir bien plus de travail en montage ou inversement avec plus de séances à plat selon le profil de la prochaine course.

 

Quel est le résultat dont tu es le plus fier ?

Je dirais mes 2 victoires au Festival des Templiers (en 2017 et 2018), ou alors le Lavaredo Ultra Trail (2013)… J’ai la chance d’avoir vécu pas mal de beaux moment en courses. Chaque trail est pour moi un moment unique alors il est assez difficile d’en choisir un plus que les autres.

 

Quelle est ta plus grande déception sportive ?

Sans aucun doute les championnats du monde de trail 2015. Il y a plusieurs raisons à cette déception, mais elles ne sont pas belles à lire…

 

Tu es champion du monde de Canicross, quels sont les bienfaits de courir avec son chien ?

Principalement, c’est le bonheur de partager son sport avec son compagnon à 4 pattes. Le canicross permet aussi de créer une survitesse qui m’aide beaucoup en trail, surtout dans les descentes. Mais pour moi la beauté du canicross c’est surtout l’effort en course à pied partagé avec son chien.

Quelle est l’importance de la nutrition pour un trailer ?

Elle est ENORME. Lorsqu’on court 3, 6, 8 heures et plus, il n’est tout simplement pas possible de performer sans une nutrition optimale. C’est d’ailleurs selon moi, le point le plus complexe à gérer en trail.

J’y accorde une importance toute particulière lors des longues sorties. J’utilise beaucoup les produits Apurna dans le but de ne pas trop taper dans mes réserves. Cela me permet d’éviter de perdre en énergie et en force.

Evidemment je l’intègre aussi lors de la phase de récupération avec des boissons spécifiques ou des barres protéinées.

A part ça, j’aime beaucoup les gâteaux énergie au chocolat et les barres protéinées crunchy !

 

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