Sur les traces de Philippe Richet, traileur de l’extrême !

Le monde de la course à pied nous fait découvrir des sportifs parfois hors norme. C’est le cas de Philippe Richet, un athlète qui s’est découvert une passion tardive pour le running, et qui depuis, multiplie les défis hallucinants. La rédaction d’Apurna est partie à sa rencontre.

 

Quand as-tu commencé à courir ?

J’ai commencé la course à pied en 2004. J’avais horreur de courir mais je finissais ma carrière de basketteur et en parallèle j’ai arrêté de fumer. Pour perdre le poids que j’avais pris, j’ai décidé de commencer à courir… J’ai vite perdu les kilos en trop. A l’époque, j’étais responsable d’un magasin et on organisait une course de 10km : « Les foulées du Marsan ». C’est comme ça que je me suis retrouvé embarqué dans ma 1ère course. Mon temps : 45 minutes, c’était déjà pas mal pour un débutant.

6 mois après, en continuant à courir sans prétention, j’ai participé à « Behobia – San Sebastien » :  20km avec beaucoup de dénivelé, 12 000 personnes et un dossard élite sur le dos (j’avais une invitation : le cadeau empoisonné). Résultat : 1h30.

J’ai fait mon premier marathon à Pau avec un temps de 3h21, ce qui là encore était satisfaisant. L’effort m’a plu et j’ai décidé de m’attaquer à la barre des 3 heures. Je suis arrivé 7 fois entre 3h01 et 3h02 !!! Rien à faire, c’était psychologique. Puis je tombe sur l’Ironman de Nice…

Ne sachant pas trop nager, ne faisant pas de vélo et seulement 2 mois pour préparer un Ironman ? Why not ! J’ai nagé en brasse, pédalé en danseuse dans les cols et couru le marathon à la cool. J’ai pris une confiance terrible. 3 mois après, je faisais 2h59 au marathon.

Ensuite, comme j’avais participé à un Ironman sans jamais faire de triathlon, j’ai suivi la même logique : j’ai commencé le trail par un ultra : la diagonale des fous ! Là encore, tout s’est bien déroulé et ce fut le début de mes aventures.

Combien d’entraînement fais-tu par semaine et peux-tu nous décrire un « programme type » ?

En moyenne, je fais 6 entraînements par semaine pour un total de 100km.

En général la semaine s’articule de la sorte : 10km le lundi en récup, le mardi 10km plus rapide, le mercredi 30km, le jeudi 10km plus cool, le vendredi repos, le samedi 20km et le dimanche de 20 à 30km. Evidemment tout dépend ce que je prépare, mais avec 100km par semaine, je peux participer à une compétition au dernier moment (exemple : obtenir un dossard le mardi pour le Trail des Templiers avec la course qui a lieu le dimanche).

Quelles sont les victoires dont tu es le plus fier ?

Evidemment gagner l’Inca marathon en 2018, considéré par de nombreux coureurs comme le marathon le plus dur au monde, est une belle récompense. Sinon je retiens surtout mes  2ème place. C’est paradoxal, un peu à la Poulidor.

En Australie, the Track : 520km, 9 étapes en autosuffisance. Je me casse 2 côtes au bout du 16ème  kilomètre de la 1ere étape : des souffrances terribles. Je suis 2ème à 2h du leader pour la dernière étape. 134km à parcourir : je donne tout. J’échoue pour 20 petites minutes mais je gagne l’étape avec Patrick Cande, un mec génial. Bref : une belle aventure !

Mon autre 2ème place que je garde en tête a eu lieu sur le trail de la Muraille de Chine. La première étape, je fais un tout droit et termine 2ème. Deuxième jour, j’attaque à 1km de l’arrivée. J’ai 30 minutes d’avance mais je tourne au mauvais endroit et perds 23 minutes : je finis 5ème de l’étape. Les autres jours j’attaque systématiquement et gagne les autres étapes. Sur l’une d’elles, je vois que le leader du classement général se trompe. Je n’hésite pas et je pars le chercher pour lui éviter une mésaventure similaire à la mienne. Au final je termine sur la 2ème marche du podium mais j’ai eu droit à une standing ovation lors de la remise des prix : ça vaut toutes les victoires !

Quelle est ta plus grande déception sportive ?

La course qui me reste en travers de la gorge est sans aucun doute le marathon de la Muraille de Chine (à ne pas confondre avec le trail de la Muraille de Chine auquel j’ai participé la même semaine !). Je me retrouve en vague 2 et je pars 11 minutes après la 1ère vague. A ce moment-là, je dois être à la 900ème place. D’entrée on s’attaque à un col de 3 km, moi je cours mais devant ça marche. J’arrive au fond la vague 1 et là, je suis coincé dans la descente de la muraille par des participants qui ne courent pas. C’est à pic et très étroit : impossible de dépasser. Je perds du temps, beaucoup de temps. Progressivement ça se débloque : je cours, je double, j’accélère, je double encore. Arrive alors la dernière ascension mais la muraille est ouverte au public… De nouveau des bouchons ! Descente finale : je suis à fond, sentant que je suis en train de réaliser un truc extraordinaire. Je termine 21ème avec une grande frustration : je ne saurais jamais ce que j’aurais pu faire en partant dans la 1ère vague.

 

Quel est ton remède pour rebondir après un mauvais résultat ?

Je ne tergiverse pas longtemps ! Le running est une passion. Finir et prendre du plaisir me suffit largement. Le classement, c’est la cerise sur le gâteau et de toute façon, derrière, j’ai toujours un autre super défi qui m’attends.

 

Quelles sont les épreuves les plus folles auxquelles tu as participées ?

J’adore les défis donc je ne fais que des courses folles : le Spartathlon, l’Everest trail race, le Marathon du Pôle nord, le Marathon des sables, l’UTMB, la Diagonale des fous, The costal challenge… J’ai couru sur presque tous les continents, tous les climats et tous types de sols.

Quel est ton prochain défi sportif ?

En juin 2019, la Chartreuse Terminorum (également appelée « la Barkley française ») et en décembre l’Antarctique : le dernier continent sur lequel je n’ai pas encore couru. En février 2020 je cherche des sponsors pour une course autour du monde : 7 marathons en 7 jours sur 7 continents. Avis aux intéressés…

 

Ton alimentation, tu y fais attention ?

L’alimentation, c’est toujours la question piège. Je vis dans les Landes, je suis landais : j’aime la fête, manger et profiter de la vie donc je ne me prive pas. Je brûle beaucoup de calories et franchement je ne fais pas trop attention, sauf pendant la dernière semaine d’entrainement quand je régénère mon corps. Pendant cette phase j’arrête la course, je mange moins et mieux !

 

Quel est le complément nutritionnel dont tu ne pourrais pas te passer ?

J’adore le Gâteau prêt à l’emploi d’Apurna : il n’y a rien à préparer et la composition me convient parfaitement. A déguster une heure avant la course, ce n’est pas cher et il y a même une petite cuillère : royal !

 

Où te retrouver pour suivre tes aventures ?

Vous pouvez retrouver mes aventures sur ma page Facebook, mon compte Instagram, et sur Twitter. A très vite.

 


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