Planifier et analyser ses courses : nécessaire ou facultatif ?

La technologie a profondément modifié l’univers de l’endurance et la façon de s’entraîner. Aujourd’hui rares sont les coureurs, même néophytes, qui effectuent une sortie sans tracker leur course. Mais au final, est-ce vraiment nécessaire d’analyser ses entraînements ou de programmer sa saison ? Voici quelques éléments de réponse.

 

Pourquoi et comment planifier sa saison ?

Pour Sébastien Spehler, champion de France de Trail, « C’est toujours bien d’avoir une vision de sa préparation, notamment à l’approche d’une compétition. Pour les épreuves longues distances, comme le trail, on ne prend pas un flyer au hasard pour une inscription le dimanche d’après. Il est donc nécessaire de structurer sa saison et ses entraînements. ».

Car bien sûr, une saison sportive se prépare en amont. Pour un athlète confirmé, une saison se compose généralement de 2 ou 3 grands objectifs majeurs autour desquels une préparation spécifique est nécessaire. Ces épreuves sont le cœur de la saison. Les entraînements et les autres courses, ne doivent servir qu’à préparer ces événements prioritaires.

A côté de ces objectifs, viennent donc se greffer d’autres épreuves, souvent moins importantes, qui entrent néanmoins dans le cadre de cette préparation. Éventuellement un troisième niveau course peut venir s’ajouter. Il s’agit en général événements solidaires ou des sorties « locales » ne nécessitant pas une débauche d’énergie majeure.

 

Préparation générale et spécifique, qu’est-ce que c’est ?

Vous avez probablement déjà entendu parler de deux types de préparation. On distingue en effet la préparation « Générale » (PPG) et la préparation « Spécifique » (PPS).

La préparation physique générale a pour objectif de développer les qualités physiques de base des sportifs d’endurance (dans notre cas) et notamment le renforcement musculaire ou la capacité aérobie. Durant cette phase (souvent la présaison) les athlètes accordent une importance toute particulière à développer leur vitesse maximale aérobie (VMA). Pour rappel, il s’agit de la plus petite vitesse de course à pied à partir de laquelle une personne consomme le maximum d’oxygène. À sa vitesse maximale aérobie, un sportif peut tenir entre quatre et huit minutes.

La préparation physique spécifique quant à elle, a pour but de préparer le sportif à sa prochaine compétition. Elle est « spécifique » car propre à chaque athlète et chaque compétition. Durant cette phase, le sportif devra progressivement monter en puissance en reproduisant les conditions de sa future course : relief, sol, distance… La durée de cette préparation et son intensité dépend donc évidemment de l’épreuve (entre 4 et 12 semaines en moyenne).

 

Pourquoi analyser ses entraînements ?

Pour répondre à cette question, nous avons interrogé Jean-François Tatard, champion de France Corpo qui pratique la course à pied et le cyclisme.

« Selon moi il est crucial d’analyser ses entraînements car cela nous permet de savoir concrètement ce qu’on a bien ou mal fait, si on a reproduit certaines erreurs d’une séance sur l’autre, etc… On n’a pas toujours la capacité de se rappeler nos performances passées, alors autant profiter des applications qui archivent nos activités sportives.

Personnellement j’ai conservé toutes mes notes depuis que j’ai 15 ans et je remets régulièrement le nez dedans. Ça me permet par exemple de vérifier à quelle période j’ai un pic de forme ou quand je suis moins bien. Je peux par conséquent réorienter mes entraînements en fonction de ces informations. Néanmoins attention à ce que cette analyse et cette multitude de données ne devienne pas anxiogènes. »

Effectivement, n’oublions pas que le sport c’est aussi et avant tout une question de plaisir !

 


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